Les DAF changent d'échelle aux États-Unis : ce que la France doit en retenir

En 2024, les États-Unis comptaient 3,56 millions de comptes DAF pour un total de 326,45 milliards de dollars d'actifs. Ces chiffres vertigineux posent une question simple : quand la France rattrapera-t-elle son retard ?

En 2024, les États-Unis comptaient 3,56 millions de comptes DAF (Donor-Advised Fund) pour un total de 326,45 milliards de dollars d'actifs. Ces chiffres illustrent une tendance de fond : la philanthropie, quand elle est bien outillée, passe à l'échelle.

Le principe du DAF est simple : donner maintenant, distribuer plus tard. Le donateur place des fonds de manière irrévocable dans un véhicule hébergé, obtient son avantage fiscal immédiatement, puis recommande des distributions aux associations de son choix, à son propre rythme.

Ce qui m'intéresse ici n'est pas de copier le droit américain. C'est la logique d'efficacité qui a fait ses preuves :

Nous connaissons tous le scénario classique du don en France : l'urgence du mois de décembre. Le client réalise qu'il va avoir une fiscalité lourde, il doit faire un chèque avant le 31 décembre, et il se retrouve à choisir des bénéficiaires dans la précipitation.

L'approche DAF change la donne en distinguant deux temps : le temps du don (déclenchement opportun), et le temps de l'impact (construction progressive du portefeuille de bénéficiaires).

Les patrimoines significatifs sont rarement liquides ; ils sont concentrés dans des actifs peu fluides : titres de PME, Private Equity, immobilier, et parfois crypto-actifs. Le don de titres est fiscalement redoutable, mais dans la pratique, c'est souvent un parcours du combattant.